Un homme peut il parler de féminisme ?

Je démarre ce nouveau blog en m'inspirant de l'actualité, et je souhaite commenter la tribune "Peut-on parler de féminisme quand on est un hommes?" de Raphaël Enthoven le jeudi 13 septembre pour la première université d'été du féminisme organisait par Marlène Schiappa.





Monsieur Enthoven a suscité beaucoup d'émois chez mes consoeurs féministes (que je ne fréquente pas trop) par cette tribune mais ça n'est pas la première fois. D'autre comme Marylin Maeso le défende bec et ongle "Ça n'est pas parce que c'est un homme qu'il n'a pas le droit de s'exprimer !". Tout ce que j'espère c'est que cette université d'été aura était animée par autant de tribunes femmes ou hommes.


Alors j'ai lu attentivement cette tribune, un ligne sur deux, voir sur trois ou quatre, pour aller plus vite. Je n'ai rien contre écouter un homme sur le féminisme, mais je trouve que son discours n'apportait rien vraiment de concret à part une petite mise au point sur ces détracteurs -trices. Effectivement, 10 à 20 pages A4 pour se justifier d'être là.


Une telle lui a dit ceci, une autre a dit cela, les vilaines féministes ne sont pas très ouvertes à la mixité. Il s'est justifié d'être un gentil garçon du bon coté de la barrière puisqu'il a contre argumenté les reproches de certaines. Je pense qu'il a pris les exemples les plus significatifs, je suis sure qu'il doit aussi recevoir des réserves modérés.


Pour situer, Enthoven est le philosophe qui avait écrit une tribune "Délation & Dénonciation" à la période du hashtag "#balancetonporc". C'est vrai que rien que le titre m'a fait pousser les crocs, je ne l'ai même pas lu. Je l'avais même classer dans la catégorie des "philosophes poubelles", les bouquins que l'ont jeté d'office. C'est vrai que l'avantage de se justifier m'a permis de connaitre un peu mieux sa conception de la "culture du viol" même si je trouve qu'il n'a rien inventé. Il a tout de même raison de souligner que peu ont été aussi virulent sur la tribune "#libertedimportuner" dans laquelle 100 femmes, dont quelques féministes, ou érudites, ont clairement pris position pour défendre les hommes qu'on accuse de viol.


Monsieur Enthoven, rassurez vous, il n'y a rien de plus anti-féministe qu'une femme ! (ou peut être 100 femmes alors) Et vous n'y êtes pas encore. Oui, le débat sur les droits des femmes doit se faire avec les deux sexes (hommes et femmes) car si les femmes ont sues se réapproprier leurs corps et leurs droits (en partie), les hommes doivent apprendre à se réapproprier leurs corps (apprendre à se contrôler sexuellement ou à contrôler sa fécondité) et leurs droits (les droits de la paternité de plus en plus reconnus). C'est aussi ça le débat féministe. Donc ne vous excusez pas auprès de ceux qui vous critique, faites progresser le débat.

© 2018, Magali Tranchant