Les prostituées renvoient la loi 2016 devant le conseil constitutionnel


la loi prostitution 2016 retourne devant le conseil constitutionnel

Ce sont 9 associations dont Strass (syndicat du travail sexuel) et Médecin du monde, qui ont eu recours auprès des juges du conseil constitutionnel ce mardi 22 janvier 2019 pour la question prioritaire de constitutionnalité portant sur la loi de 2016 pénalisant les clients des prostituées. Elles ont soulevées cette question au regard du droit du respect à la vie privée, à la liberté d'entreprendre et au principe de nécessité et de proportionnalité des peines. La décision du conseil constitutionnel est attendue au 1er février.


La loi 2016 pénalisant les clients de prostituées anticonstitutionnelles ?

Pour les défenseurs des travailleurs .euses du sexe "C'est une loi qui isole et précarise les personnes prostituées" (clic here). Pour moi, en tant que féministe, cette loi oblige les prostituées à se cacher et à travailler avec des réseaux pour réclamer leur protection et les placent donc à la merci des proxénètes. Les avocats de la partie requérant dénonce "une loi morale" dans la loi de 2016 qui vise à renvoyer une activité licite à la clandestinité pour s'assurer d'un certaine norme morale et familiale.


Prostitution, violence et hypocrisie !!

En face de nos requérants des associations abolitionnistes plaident le bien fondée de la loi de 2016. Ce sont les associations "l'Amicale du nid" et "Coalition pour l'abolition de la prostitution" (j'en ai des frissons) qui ont évoquées des statistiques non fondées comme un taux de suicide 12 fois supérieur chez les travailleurs .euses sexuels, afin de défendre la politique familiale : "on ne veux pas d'une société où on peut acheter la sexualité et le corps d'autrui". Pourtant que fait un mannequin, un top model si ce n'est vendre son corps pour des photos ou défilés ? Que font nos comédiens si ce n'est vendre son identité, son image pour nous faire rêver ? D'où vient l'aigreur de certains .es avec le corps des femmes ? Le pêché de chaire est pourtant un bien consommable des plus important dans le monde du marketing. Dans une société où pratiquement tout tourne autour du sexe, le corps de la femme y est constamment "acheté" et marchandisé à la moindre occasion. Nous sommes dans un monde où nous subissons de plus en plus les asaults masculins et le harcèlement pour celles qui les refusent et ne trouvent pas ça "cool".


L'Organisation Mondiale de Santé est favorable à la dépénalisation du travail du sexe

Les travailleur .ses du sexe ont cependant mis en évidence dans leurs tribunes du 18 janvier (clic here) un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui conclus que "tous les pays devraient s'attacher à dépénaliser le travail du sexe" et quand aux pathologies imaginées par les abolitionnistes, un autre rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) stipule de "diverses pathologies qui ne sont pas nécessairement imputable directement à l'exercice de la prostitution" et des risques pour lesquels il signale "une acuité très variable selon les modes et les conditions d'exercice, et selon le profil des personnes".


Travail de sexe et dignité humaine

Depuis la promulgation de la loi 2016, les travailleurs .euses du sexe ont vu leurs sécurités réduites et la violence toujours plus forte de la part de certains clients. Le travail du sexe ne porte pas atteinte à la dignité humaine, ce sont les lois prohibitionnistes, les discriminations, la diffamation et la stigmatisation qui sont des atteintes à la dignité et aux droits constitutionnels de chacun .es.


Dans un pays où diplôme supérieur = salaire inférieur, si certaines femmes veulent gagner de l'argent sur la faiblesse des hommes, elles ont raison !

© 2018, Magali Tranchant