Fiac 2018 : Et si les femmes gouvernaient le monde ?

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Ça n'est pas moi qui le dit mais un éminent artiste plasticien de sexe masculin, Yaël Bartana, qui dans son oeuvre "What if Woman ruled the world", exposée à la Fiac 2018, nous place cette phrase en suspens face à nous même, flottant dans l'espace, une calligraphie à base de néon jaune accrochée au mur blanc.




What if woman ruled the world ? Yaël Bartana


Une oeuvre insolite alors que la sous représentation des femmes dans l'Art est encore récurrente et que la place des femmes plasticiennes est plus que dans les autres métiers ne connait pas la parité. Combien d'exposition contemporaine ou de galerie appliquent la parité, ne serais ce que dans les expositions collectives ? _ Aucunes !


Qu'arriverait-il alors si les femmes gouvernaient le monde ? Serais-ce pire ou mieux ? Est ce que les hommes seraient maltraités, castrés, brimés dans leurs sexualités ? Est-ce qu'on les violerait ? Est ce qu'ils en deviendraient impuissant ? Est ce que comme nous, ils se rebelleraient pour réclamer le droit de vote ? Est ce qu'ils s'appliqueraient mieux pour les cunnilingus en espérant un nouveau sac ? Et si c'était le pouvoir qui rendait fou et non le genre ?


The first man was a girl - Magali Tranchant





Cette question, je l'avais moi même posé à ma façon dans une très ancienne oeuvre "The first man was a girl" dans laquelle j'avais rapproché quelques clichés de l'histoire de l'art que j'avais retravaillé en reproduction pour raconter une histoire, que le premier homme était une femme. Dans ma légende, le premier homme était une femme, et les femmes gouvernaient le monde. Il n'y avait alors pas de guerre, mais beaucoup de vin, et d'amour de son prochain. C'est quand l'homme a constaté qu'il avait plus de force physique et qu'il pouvait prendre le pouvoir, qu'il a jeté la femme dans un enfermement juridique et l'a justifier en écrivant la bible de manière à l'enfermé aussi psychologiquement.


Cette question que Yael Bartana pose est intéressante parce qu'elle est posé par un homme. On ne sait alors pas s'il souhaite défendre la cause #MeToo ou s'il ironise. Si elle avait été posé par une femme, elle aurait eu d'emblée un caractère militant, ici posée par un artiste masculin, elle interroge. Venant d'un homme, personnellement, je l'interprèterai comme "Est ce que nous aurions fait mieux qu'eux ?" , "Est ce que nous aurions dominé l'autre genre pour le contrôler ?" , "Aurions nous été plus misandre qu'ils ne sont machiste ?"


Le féminisme existentialiste qui tend vers l'universalisme, ne veut pas avoir à trancher la question. Nous sommes égaux et bien que la seule fonction de la femme ne soit pas dans le maternage et l'allaitement, la seule fonction de l'homme n'est pas à la domination du monde. Aujourd'hui, les hommes peuvent nourrir les nourrissons sans l'aide des femmes, et les femmes peuvent tenir des postes à responsabilité, sans l'aide des hommes.


© 2018, Magali Tranchant