Attitude positive : dénoncer les violeurs

Depuis la vague #metoo les pro-droit d'importunés ont laissé entendre d'implicites menaces et pressions de toutes sortes envers les femmes qui oseraient dénoncer des violeurs. Ils ont notamment blâmer les victimes de viol d'être négative en se victimisant, montrant du doigt les mécanismes psychologiques de manque de confiance en soi pour les dénigrer. La bonne attitude selon eux, l'attitude positive, serait de ne pas faire tout un drame de s'être faite "avoir" comme dirait #PeggySastre , et de repartir du bon pied en tournant la page et en faisant gaffe désormais. Je vais vous expliquer pourquoi, dénoncer un violeur est un acte positif et constructif.


Nous vivons dans une société qui a besoin d'oppresser les uns pour valoriser les autres. Triste constat, mais véridique. Ça ne date pas d'hier, de l'antiquité grec à l'esclavage du XVIII e siècle, en passant par la monarchie ou la seconde guerre mondiale, l'histoire de l'humanité regorge de tristes exemples. L'homme a toujours affaiblis l'autre pour se sentir plus fort. Si on analyse cette attitude chez l'animal le plus proche de l'homme, le bonobo de la famille des Hominidés dont le schéma structurel est à un gène de nous autres humains, son organisation sociale à recours aux rapports sexuels (la science ne dit pas si ils sont forcés ou non) et aux boucs émissaires comme "mode de résolution de conflit au sein du groupe" (dixit Wiki). On ne peut que faire le rapprochement avec les violeurs humains qui ont recours au viol pour se prouver qu'ils sont des hommes et à traiter les victimes en bouc émissaire pour renforcer le groupe sociale autour d'eux. Ils utilisent pour cela des techniques de disqualifications et de blâmes envers la victime, qui sont désormais interdite par la loi. (Merci Marlène). Donc quand les pro-droit d'importunés sous entendent que la dénonciation est une calomnie par son langage négatif, ils sous entendent que c'est chercher le bâton pour se faire traiter en bouc émissaire. Après tout, chez les Bonobos les femelles ne se plaignent pas pour rester intégrée sinon elles sont exclus et donc traitée en bouc émissaire. La question que je me pose : Sommes nous des Bonobos ? Sommes nous des animaux ?


Une organisation sociale animale ne pourrait être considérée comme positive d'un point de vue humaniste. Dire oui au viol, ou juste faire l'autruche, c'est accepter une société négative basée sur un concept animal, et refuser la société de droit dont l'architecture complexe mais juste regarde le monde dans un rapport d'égalité. Dénoncer les violeurs, c'est refuser que nous soyons des animaux, et l'exclusion du viol n'a plus lieu d'être puisqu'on entre dans un rapport d'égalité pleine et humaniste. Il est donc parfaitement positif de dénoncer un violeur, puisque ça revient à se refuser de se conduire en animal mais accepter que nous sommes des êtres humains, capable de penser une société complexe et non pas une société qui tournerai uniquement autour du sexe et de l'exclusion.



J'ai été violée au collège par Manuel #Valls durant l'année scolaire 1992/1993, puis en 2005 par Xavier Taïb, dans les deux cas, le mécanisme social m'a désignée comme bouc émissaire très tôt (j'avais quinze ans la première fois), parce qu'il est plus facile pour le plus grand nombre de se conduire comme des animaux qu'en humaniste. En demandant la levée de prescription pour le viol de #Valls et la réouverture de l'enquête du viol de 2005 contre Xavier Taïb, je refuse la fatalité animale et je me conduit en être humain. Je refuse la place de bouc émissaire et je crois en l'architecture humaniste que nous avons construit dans laquelle l'Homme a écris des lois, des droits et des devoirs qui nous permettent de vivre les uns avec les autres, dans le respect et dans l'égalité. En bannissant hors de moi toute loi animale : la loi du plus fort, la loi de la jungle, la loi du riche, la loi des princesses, j'agis de façon humaniste donc positive. En soutenant des violeurs, le plus grand nombre refuse l'humanisme pour se plier à des lois tribales et animales, le plus grand nombre adopte très facilement une attitude négative.


Socialement on dira qu'il est négatif de parler de soi, de son intimité, de sa dégradation, ou de son sentiment d'exclusion. Pourtant le verbe soulage, tout les psychologues le diront. En parler c'est aussi refuser qu'on vous ai ainsi réduit à "rien". Se replier sur soi, accepter de tourner la page, faire comme si tout aller bien, raser les murs pour ne pas avoir de problème ce sont autant de comportement négatif, puisque vous refusez que vos émotions, ou votre consentement ai de la valeur. C'est comportement auront beaucoup plus d'impact psychologique sur vous, que le harcèlement sociale d'une société de Bonobo qui voudrait vous blâmer d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Parler, dénoncer un violeur, c'est refuser de porter la culpabilité de ce qui s'est passé. J'ai envoyé ma demande de levée de prescription au procureur il y a à peine un mois, et d'un seul coup je me suis sentie plus légère, enfin libre !


Dénoncer c'est aussi s'assurer de faire avancer le droit, c'est en étant plus nombreuses à porter plainte et / ou balancer publiquement ses hommes (#balancetonporc) que nous ferons avancer le droit des femmes, et que des sanctions plus lourdes telles que la castration chimique pourront être mise en place contre ces crimes. N'oublions pas que si la femme a su prendre le contrôle de sa sexualité depuis les années 50, l'homme aussi doit faire l'effort de contrôler sa sexualité parce qu'après tout, nous ne sommes pas des Bonobos.



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© 2018, Magali Tranchant